Le tombeau du Christ dévoilé après neuf mois de rénovation


Le tombeau où le Christ a été enterré selon la tradition, paré de ses nouvelles couleurs dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le 21 mars 2017 [THOMAS COEX / AFP]


Après neuf mois de restauration, le tombeau où, selon la tradition, le Christ a été enterré, a été dévoilé mercredi lors d'une cérémonie dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Débuté en mai 2016, le vaste chantier de rénovation a permis de consolider l'édicule de marbre qui surplombe le tombeau --entièrement démonté par des spécialistes grecs puis reconstruit à l'identique-- et de redonner ses couleurs d'origine au lieu le plus saint du christianisme.


Le tombeau où le Christ a été enterré selon la tradition, paré de ses nouvelles couleurs dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le 20 mars 2017
[Gali TIBBON / AFP/Archives]


Lors de la cérémonie de mercredi, à laquelle participaient de nombreux dignitaires de différentes obédiences chrétiennes, pour la première fois depuis des décennies, l'édifice a été dévoilé sans la structure métallique qui en barrait la vue auparavant. «Ce n'est pas seulement un don fait à la Terre Sainte, c'est un don adressé au monde entier», a lancé le patriarche grec orthodoxe Theophilos III de Jérusalem au parterre d'invités, dont le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

«Avant, le monument était tout noir», les murs de l'édicule ayant été assombris par la fumée des cierges des pèlerins, explique à l'AFP la restauratrice en chef Antonia Moropoulou. Aujourd'hui, «il a repris sa véritable couleur, la couleur de l'espoir». Le chantier a vécu en octobre un moment «historique»: la plaque de marbre recouvrant la tombe a été déplacée durant trois jours. La dernière fois que des hommes avaient pu accéder au coeur du lieu le plus saint du christianisme remontait à 1810, lorsque de travaux de restauration avaient été entrepris à la suite d'un incendie.

Le tombeau où le Christ a été enterré selon la tradition, paré de ses nouvelles couleurs dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le 21 mars 2017
[Gali TIBBON / AFP]


Dans les années 1960 et 1990, d'autres rénovations avaient été effectuées dans différentes parties de l'église, située dans la Vieille Ville de Jérusalem, aux abords des lieux saints du judaïsme et de l'islam que sont le Mur des Lamentations et l'Esplanade des Mosquées. L'édicule en revanche avait été négligé. En neuf mois toutefois --et pour un montant de 3,4 millions d'euros--, pratiquement tout y a été démantelé, nettoyé et restauré, y compris les colonnes et les dômes situés au dessus et à l'intérieur de l'édifice. Une fenêtre a été percée pour permettre aux pèlerins de voir la pierre nue de l'ancien caveau pour la première fois.

Disputes

Les travaux ont été financés par les trois principales confessions chrétiennes du Saint-Sépulcre (Grecs-Orthodoxes, Franciscains, Arméniens) ainsi que par des contributeurs publics et privés. Samuel Aghoyan, le supérieur de l'église arménienne, s'est félicité que l'édicule ait désormais «l'allure d'un nouvel édifice» après cette restauration.

Un ecclésiastique dans le tombeau où le Christ a été enterré selon la tradition, dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le 21 mars 2017
[Gali TIBBON / AFP]


Selon la tradition chrétienne, le corps de Jésus a été posé dans un lit funéraire taillé dans le roc à la suite de sa crucifixion par les Romains en l'an 30 ou 33. Les chrétiens croient que le Christ a ressuscité et que des femmes venues oindre son corps trois jours après son enterrement ne l'y ont pas trouvé.

Des fidèles chrétiens allument des cierges autour du tombeau où le Christ a été enterré, dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le 21 mars 2017
[Gali TIBBON / AFP]


Certains chrétiens estiment que Jésus a été enterré dans le Jardin de la Tombe, situé en dehors de la muraille de la Vieille Ville de Jérusalem. Mais selon Antonia Moropoulou, ce qui a été trouvé lors des travaux prouvent que la tombe de Jésus se trouve bien dans l'édicule. D'autres projets sont envisagés pour renforcer les fondations de l'édicule et restaurer le sol de l'église, explique Samuel Aghoyan. Mais une telle opération nécessite au moins six millions de dollars.

De plus de tels travaux supposent que les Grecs-Orthodoxes, les églises arménienne et catholique, qui se partagent le contrôle du lieu, surmontent leurs disputes ayant provoqué par le passé des reports de rénovation.

A Jérusalem, le tombeau de Jésus est exposé à l'occasion de sa restauration


Le tombeau du christ, dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem


Pour la première fois depuis 1555, des archéologues ont enlevé la plaque de marbre qui recouvre le tombeau de Jésus Christ, dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Les spécialistes procèdent à sa rénovation et à différentes analyses.

Les restaurateurs auront la possibilité d’examiner le lit funéraire sur lequel le corps de Jésus Christ aurait été déposé après sa crucifixion.




On a découvert la tombe de Jésus au Cachemire !

À Srinagar, une vieille tombe est attribuée à Yuz Asaph, né d'une vierge en Galilée. Pour les adeptes du mouvement Ahmadiyya, il s'agit de Jésus.



Ouvrant le tombeau de Jésus de Nazareth dans l'église du Saint-Sépulcre, les archéologues savaient qu'ils n'y découvriraient aucun squelette. Selon la légende, le marbre ne protège que le lit funéraire du Christ où il a été déposé après sa crucifixion. Son corps est à chercher ailleurs. La résurrection est une croyance qui n'est appuyée par aucune preuve. À croire le mouvement Ahmadiyya, rassemblant plusieurs millions d'adeptes, après avoir salué ses disciples, Jésus de Nazareth aurait pris le chemin de Damas, puis du Cachemire où il serait mort à un âge canonique. Sa tombe, érigée à Srinagar, capitale du pays, fait l'objet toujours l'objet de pèlerinages.

Une folle légende

 

Il y a une quarantaine d'années, accompagné de deux amis, je me suis rendu à Srinagar pour enquêter sur cette abracadabrantesque légende. Pas difficile de trouver la tombe en question, tous les habitants de la ville connaissent le monument funéraire, portant le nom de Rozabal qu'ils appellent encore « la tombe sacrée du Cachemire ». Seulement, comme ils sont musulmans, ils sont persuadés que l'homme qui gît là sous le nom de Yuz Asaf est un prophète de leur religion. À l'époque, le professeur Fida Hassnain, alors directeur des musées et des antiquités pour l'État du Jammu-Cachemire, nous confirma que ce Yuz – signifiant Jésus dans la langue du pays – pouvait être le Christ. Lui-même avait mené de longues recherches semblant confirmer cette folle hypothèse.

Le Rozabal s'élève dans le quartier de Kabyar, derrière la mosquée Dastgir. Il s'agit d'un modeste bâtiment de plain-pied composé de quatre murs en briques percés de grande fenêtre en bois. Aucun rapport avec la démesure de l'église du Saint-Sépulcre ! L'intérieur est occupé sur toute sa surface par un mausolée rectangulaire, en bois ouvragé. Nous jetâmes un coup d'œil par une modeste vitre pour découvrir un sarcophage en bois ouvragé recouvert par d'anciens tissus. Le vieux gardien nous fit signe qu'il était impossible de pénétrer dans le mausolée. Néanmoins, dans un coin, on distingua une pierre noire posée au sol sur laquelle étaient gravées deux empreintes de pied avec deux creux à l'emplacement des talons. C'est le professeur Hassnain qui les avait découvertes quelques années auparavant après avoir nettoyé la pierre recouverte de cire de bougies. Il voulait y voir le pied d'un crucifié. Une croix en bois est accrochée sur une des parois.


Ultérieurement, il nous expliquera avoir découvert que le bâtiment ne date que de quelques siècles. L'édifice primitif, en pierre, est situé juste en dessous. C'est là que reposerait depuis vingt siècles le corps de Yuz Asaf, de celui qu'on dit être Jésus. Nous avions tenté d'y jeter un coup d'œil par un soupirail situé à l'extérieur du Rozabal, en vain. À l'époque, des investigateurs scandinaves avaient tenté d'y introduire une caméra miniature sans plus de succès. Depuis, toute demande de fouille est immédiatement rejetée par les autorités musulmanes qui goûteraient mal la plaisanterie d'honorer depuis des siècles la tombe d'un juif, fondateur de l'Église catholique.

La migration de Jésus

Qu'est-ce que Jésus – si c'est bien sa tombe- est venu faire au Cachemire et comment s'y est-il pris ? Telle est la question. D'après les partisans de cette légende, celle-ci a pris corps au XIXe siècle avec Mirza Ghulam Ahmad, le fondateur indien d'une aile de l'islam –le mouvement Ahmadiyya- aujourd'hui exclue de la maison- mère. Pour faire court : après avoir repris ses esprits dans la grotte du Saint-Sépulcre, Jésus est donc passé saluer ses disciples, puis a décidé de quitter la Galilée où il lui était impossible de poursuivre sa mission. Il prit alors la route de Damas avec sa mère. En chemin, il rencontra Saul, le ralliant à sa cause, puis poursuivit sa route vers un royaume proche qui désirait bénéficier de ses qualités de thaumaturge. Durant plusieurs décennies, il avança par petits bonds vers l'Est. De très anciens écrits confirmeraient cette migration. Jésus aurait fini par arriver dans la vallée du Cachemire où il choisit de s'établir, car elle était alors peuplée avec une partie des tribus perdues d'Israël. Ce que plusieurs travaux archéologiques confirmeraient.

Yuz aurait continué sa mission divine jusqu'à sa mort. Il se serait même marié et aurait eu des enfants. Nous avons rencontré son descendant, Bassharat Saleem, qui, en tant que bon musulman, ne pouvait pas revendiquer ce glorieux ancêtre, mais qui nous avouait, à demi-mot, que celui-ci avait une dimension bien plus grande que ne le pensaient les Kashmiris. « De tout temps, on est venu du monde entier voir mon père et moi pour nous interroger. La plupart de ces visiteurs sont repartis avec la conviction profonde que le Christ repose bien ici. » Mais aucune chance que le gouvernement indien autorise les fouilles pour confirmer cette hypothèse. Si jamais elle s'avérait exacte, une guerre sainte entre chrétiens, juifs et musulman pourrait à nouveau embraser la région...

Egger Ph.

Début de la restauration du tombeau du Christ


Un ouvrier travaille autour du tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. 
(photo: AFP)


Le projet de restauration du tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem a débuté, a constaté dimanche une photographe de l'AFP. L'édicule doit être démonté et reconstruit à l'identique. Les travaux devraient durer huit mois et s'achever début 2017.

Des échafaudages ont été montés autour du site, ainsi que des panneaux de protection blancs. Une structure métallique a par ailleurs été apposée devant l'entrée du tombeau pour protéger les touristes qui viendront le visiter lorsque les travaux débuteront directement sur l'ouvrage.

La Custodie de Terre sainte, gardienne des lieux saints catholiques, avait annoncé en mars le lancement prochain de cette restauration. Elle a promis que le tombeau du Christ restera accessible aux visiteurs même durant les travaux.

Branlant depuis des décennies

L'édicule de marbre de plusieurs mètres de haut et de large est dressé sous la coupole de l'église sur le site de la grotte où, selon la tradition chrétienne, fut déposé le corps du Christ après sa mort.

Le tombeau est soutenu depuis des dizaines d'années par une structure métallique. Celle-ci maintient ensemble les blocs de marbre qui se désolidarisent sous l'effet, autrefois des intempéries et, aujourd'hui, de l'afflux quotidien de milliers de pèlerins et de touristes.

Seules les pièces trop fragiles ou cassées seront remplacées; les plaques de marbre qui peuvent être conservées seront nettoyées; la structure qui les supporte sera consolidée. Les travaux seront financés par les trois principales confessions chrétiennes du Saint-Sépulcre (Grecs-Orthodoxes, Franciscains, Arméniens) ainsi que par des contributions publiques et privées.

Signes de faiblesse

L'édicule a été construit en 1809-1810 dans le style baroque ottoman après un incendie qui avait endommagé toute la basilique. Il est la dernière en date des constructions qui se sont succédé depuis le IVe siècle sur les lieux du tombeau du Christ.

Il avait rapidement accusé des signes de faiblesse, s'affaissant sous son propre poids et soumis aux intempéries à travers un oculus alors ouvert sur le ciel dans le dôme.

Des facteurs contemporains ont accéléré la dégradation, au premier rang desquels la fréquentation des visiteurs, dont le souffle augmente l'humidité ambiante et altère les mortiers. Les cierges qui se consument à quelques centimètres de l'édicule provoquent de fortes contraintes thermiques sur le marbre, et d'épais dépôts noirs et huileux.

ATS