«Une personne avec une croyance a autant de force que 100.000 personnes qui n'ont que des intérêts» John Stuart Mill

«Religieuses abusées, l’autre scandale de l'Église»





La justice allemande a obligé Arte à retirer un documentaire sur des religieuses abusées, censé être disponible en replay jusqu'au 3 mai 2019, après la plainte d'un prêtre, a indiqué à l'AFP le tribunal de Hambourg, confirmant une information de La Croix. Contactée par l'AFP, la chaîne franco-allemande a annoncé qu'elle préparait un recours contre cette décision de justice. Elle précise que le documentaire a été retiré de son site le 5 avril.

«La Chambre de la presse du Tribunal régional de Hambourg a émis une injonction temporaire le 20 mars interdisant à Arte de diffuser certaines déclarations du document Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église diffusé le 5 mars 2019 qui donne l'impression que le requérant avait eu des rapports sexuels avec la nonne mentionnée dans le reportage contre son gré», a indiqué à l'AFP un porte-parole du tribunal de Hambourg. «Le demandeur est un prêtre qui n'est pas représenté directement dans le document, mais qui est reconnaissable par le contenu d'une entrevue», a-t-il précisé.

Cette enquête de Marie-Pierre Raimbault et Eric Quintin, coproduite par Arte France, donne la parole à des religieuses victimes d'abus sexuels par des hommes d'Eglise, des affaires impunies et souvent étouffées par leur hiérarchie sur 4 continents. 
Diffusé le 5 mars à 20h50 sur Arte France, l'enquête a été regardée par près de 1,5 million de téléspectateurs (6,3% de part d'audience), meilleure audience pour un documentaire depuis le début de l'année sur la chaîne.

Sur internet en rattrapage, le documentaire a été vu près de 2 millions de fois en un mois, selon Arte (1,9 million de vues).

Egger Ph.

Et si Jésus ne serait pas juif, mais un philosophe grec ?


Ressemblance troublante entre Apollonios de Tyane (à g.) et Jésus



S'il est un personnage qui fascine près de 2000 ans après sa mort, c'est bien Jésus de Nazareth, l'homme que les chrétiens vénèrent comme le fils de Dieu. Mais tous ne partagent pas cette vision. Un nouveau documentaire disponible sur Amazon Prime prétend que c'est Apollonios de Tyane, un philosophe et prédicateur grec, qui se cache derrière la figure de Jésus-Christ. Selon les auteurs de «Bible Conspiracies», le philosophe vivait au début du Ier siècle dans l'actuelle Turquie.

Mettant en avant une ressemblance physique troublante entre les deux hommes (en particulier des longs cheveux et une longue barbe), ils relèvent qu'Apollonios s'était taillé une belle notoriété avec ses sermons et des guérisons de malades. Entouré de disciples, à l'instar de Jésus, il menait une vie d'ascète, ayant renoncé au vin et aux femmes. «Il aurait ressuscité des morts et aurait parlé de choses hors de la portée de l'homme. Et, contrairement à Jésus, il existe des preuves démontrant qu'Apollonios a réellement existé», concluent les auteurs.




«Fake news» dénoncée

Alors, les premiers chrétiens auraient-il supprimé les détails des supposés miracles accomplis par Apollonios, car ils craignaient qu'il usurpe l'identité du Christ? Si les conspirationnistes et autres théoriciens du complot seront heureux de découvrir le documentaire proposé par Amazon, les croyants, eux, ont vite qualifié cette thèse de «moquerie» ou de «fake news». Pour eux, ces allégations ne reposent sur aucune preuve historique et ne sont étayées par aucun témoignage d'experts crédibles.

Les Franciscains, fidèles gardiens depuis des siècles du tombeau de Jésus


Revêtus de leur traditionnelle bure marron retenue par une ceinture blanche pourvue de trois nœuds, symboles des vœux de "pauvreté, de chasteté et d'obéissance", les Franciscains font partie du paysage de Jérusalem depuis 800 ans.

Envoyés en 1217 par le fondateur de cet ordre mendiant, Saint François d'Assise, les Franciscains ont été les seuls à assurer pendant des siècles une présence chrétienne permanente en Terre sainte. Les pèlerins les connaissent surtout comme les gardiens -avec cinq autres églises- du Saint Sépulcre, au nom de l'église catholique.

Cette basilique, considérée comme le site le plus saint de la chrétienté, est construite à l'endroit où Jésus à été crucifié et mis au tombeau, selon la tradition. Des centaines de milliers de personnes s'y rendent chaque année pour s'y recueillir. Parmi les autres sites dont les Franciscains ont la charge figure l'église de la Nativité à Bethléem.

La communauté des Franciscains a constitué le sujet d'un reportage du Figaro Magazine publié le 30 mars et illustré par des photos de l'AFP.

Mais l'action des Franciscains ne se limite pas à ces fonctions hautement symboliques en Terre sainte. Installés dans le couvent Saint Sauveur de la Vieille ville de Jérusalem, les Franciscains dirigent des écoles dont les 10.000 élèves sont pour moitié musulmans.

Le frère Paulo, un jeune séminariste brésilien, y enseigne mais donne aussi de sa personne en s'entraînant au basket-ball avec ses élèves palestiniens de l'école Terra Santa, adossée au couvent Saint Sauveur. Les frères gèrent également des centaines d'appartements dans la Vieille ville, des foyers d'accueil pour pèlerins, et toute une série d'œuvres caritatives auprès d'une communauté chrétienne qui ne cesse de s'étioler.

Sur une population d'environ 40.000 habitants, la Vieille ville ne compte que 6.000 chrétiens dont 3.000 catholiques, soit trois fois moins qu'il y a 70 ans.

Au soir de leur vie ou fragilisés par la maladie, les plus anciens frères sont pris en charge par une infirmerie aménagée sur le toit du couvent Saint Sauveur.

Le frère Mario Tangorra, 94 ans, ne s'imagine pas terminer sa vie ailleurs. "Lorsque l'inquiétude me gagne, il me suffit de contempler le clocher du Saint-Sépulcre pour trouver un sentiment de paix", a-t-il affirmé au Figaro Magazine.