A Jérusalem, le tombeau de Jésus est exposé à l'occasion de sa restauration


Le tombeau du christ, dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem


Pour la première fois depuis 1555, des archéologues ont enlevé la plaque de marbre qui recouvre le tombeau de Jésus Christ, dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Les spécialistes procèdent à sa rénovation et à différentes analyses.

Les restaurateurs auront la possibilité d’examiner le lit funéraire sur lequel le corps de Jésus Christ aurait été déposé après sa crucifixion.




On a découvert la tombe de Jésus au Cachemire !

À Srinagar, une vieille tombe est attribuée à Yuz Asaph, né d'une vierge en Galilée. Pour les adeptes du mouvement Ahmadiyya, il s'agit de Jésus.



Ouvrant le tombeau de Jésus de Nazareth dans l'église du Saint-Sépulcre, les archéologues savaient qu'ils n'y découvriraient aucun squelette. Selon la légende, le marbre ne protège que le lit funéraire du Christ où il a été déposé après sa crucifixion. Son corps est à chercher ailleurs. La résurrection est une croyance qui n'est appuyée par aucune preuve. À croire le mouvement Ahmadiyya, rassemblant plusieurs millions d'adeptes, après avoir salué ses disciples, Jésus de Nazareth aurait pris le chemin de Damas, puis du Cachemire où il serait mort à un âge canonique. Sa tombe, érigée à Srinagar, capitale du pays, fait l'objet toujours l'objet de pèlerinages.

Une folle légende

 

Il y a une quarantaine d'années, accompagné de deux amis, je me suis rendu à Srinagar pour enquêter sur cette abracadabrantesque légende. Pas difficile de trouver la tombe en question, tous les habitants de la ville connaissent le monument funéraire, portant le nom de Rozabal qu'ils appellent encore « la tombe sacrée du Cachemire ». Seulement, comme ils sont musulmans, ils sont persuadés que l'homme qui gît là sous le nom de Yuz Asaf est un prophète de leur religion. À l'époque, le professeur Fida Hassnain, alors directeur des musées et des antiquités pour l'État du Jammu-Cachemire, nous confirma que ce Yuz – signifiant Jésus dans la langue du pays – pouvait être le Christ. Lui-même avait mené de longues recherches semblant confirmer cette folle hypothèse.

Le Rozabal s'élève dans le quartier de Kabyar, derrière la mosquée Dastgir. Il s'agit d'un modeste bâtiment de plain-pied composé de quatre murs en briques percés de grande fenêtre en bois. Aucun rapport avec la démesure de l'église du Saint-Sépulcre ! L'intérieur est occupé sur toute sa surface par un mausolée rectangulaire, en bois ouvragé. Nous jetâmes un coup d'œil par une modeste vitre pour découvrir un sarcophage en bois ouvragé recouvert par d'anciens tissus. Le vieux gardien nous fit signe qu'il était impossible de pénétrer dans le mausolée. Néanmoins, dans un coin, on distingua une pierre noire posée au sol sur laquelle étaient gravées deux empreintes de pied avec deux creux à l'emplacement des talons. C'est le professeur Hassnain qui les avait découvertes quelques années auparavant après avoir nettoyé la pierre recouverte de cire de bougies. Il voulait y voir le pied d'un crucifié. Une croix en bois est accrochée sur une des parois.


Ultérieurement, il nous expliquera avoir découvert que le bâtiment ne date que de quelques siècles. L'édifice primitif, en pierre, est situé juste en dessous. C'est là que reposerait depuis vingt siècles le corps de Yuz Asaf, de celui qu'on dit être Jésus. Nous avions tenté d'y jeter un coup d'œil par un soupirail situé à l'extérieur du Rozabal, en vain. À l'époque, des investigateurs scandinaves avaient tenté d'y introduire une caméra miniature sans plus de succès. Depuis, toute demande de fouille est immédiatement rejetée par les autorités musulmanes qui goûteraient mal la plaisanterie d'honorer depuis des siècles la tombe d'un juif, fondateur de l'Église catholique.

La migration de Jésus

Qu'est-ce que Jésus – si c'est bien sa tombe- est venu faire au Cachemire et comment s'y est-il pris ? Telle est la question. D'après les partisans de cette légende, celle-ci a pris corps au XIXe siècle avec Mirza Ghulam Ahmad, le fondateur indien d'une aile de l'islam –le mouvement Ahmadiyya- aujourd'hui exclue de la maison- mère. Pour faire court : après avoir repris ses esprits dans la grotte du Saint-Sépulcre, Jésus est donc passé saluer ses disciples, puis a décidé de quitter la Galilée où il lui était impossible de poursuivre sa mission. Il prit alors la route de Damas avec sa mère. En chemin, il rencontra Saul, le ralliant à sa cause, puis poursuivit sa route vers un royaume proche qui désirait bénéficier de ses qualités de thaumaturge. Durant plusieurs décennies, il avança par petits bonds vers l'Est. De très anciens écrits confirmeraient cette migration. Jésus aurait fini par arriver dans la vallée du Cachemire où il choisit de s'établir, car elle était alors peuplée avec une partie des tribus perdues d'Israël. Ce que plusieurs travaux archéologiques confirmeraient.

Yuz aurait continué sa mission divine jusqu'à sa mort. Il se serait même marié et aurait eu des enfants. Nous avons rencontré son descendant, Bassharat Saleem, qui, en tant que bon musulman, ne pouvait pas revendiquer ce glorieux ancêtre, mais qui nous avouait, à demi-mot, que celui-ci avait une dimension bien plus grande que ne le pensaient les Kashmiris. « De tout temps, on est venu du monde entier voir mon père et moi pour nous interroger. La plupart de ces visiteurs sont repartis avec la conviction profonde que le Christ repose bien ici. » Mais aucune chance que le gouvernement indien autorise les fouilles pour confirmer cette hypothèse. Si jamais elle s'avérait exacte, une guerre sainte entre chrétiens, juifs et musulman pourrait à nouveau embraser la région...

Egger Ph.

Début de la restauration du tombeau du Christ


Un ouvrier travaille autour du tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. 
(photo: AFP)


Le projet de restauration du tombeau du Christ dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem a débuté, a constaté dimanche une photographe de l'AFP. L'édicule doit être démonté et reconstruit à l'identique. Les travaux devraient durer huit mois et s'achever début 2017.

Des échafaudages ont été montés autour du site, ainsi que des panneaux de protection blancs. Une structure métallique a par ailleurs été apposée devant l'entrée du tombeau pour protéger les touristes qui viendront le visiter lorsque les travaux débuteront directement sur l'ouvrage.

La Custodie de Terre sainte, gardienne des lieux saints catholiques, avait annoncé en mars le lancement prochain de cette restauration. Elle a promis que le tombeau du Christ restera accessible aux visiteurs même durant les travaux.

Branlant depuis des décennies

L'édicule de marbre de plusieurs mètres de haut et de large est dressé sous la coupole de l'église sur le site de la grotte où, selon la tradition chrétienne, fut déposé le corps du Christ après sa mort.

Le tombeau est soutenu depuis des dizaines d'années par une structure métallique. Celle-ci maintient ensemble les blocs de marbre qui se désolidarisent sous l'effet, autrefois des intempéries et, aujourd'hui, de l'afflux quotidien de milliers de pèlerins et de touristes.

Seules les pièces trop fragiles ou cassées seront remplacées; les plaques de marbre qui peuvent être conservées seront nettoyées; la structure qui les supporte sera consolidée. Les travaux seront financés par les trois principales confessions chrétiennes du Saint-Sépulcre (Grecs-Orthodoxes, Franciscains, Arméniens) ainsi que par des contributions publiques et privées.

Signes de faiblesse

L'édicule a été construit en 1809-1810 dans le style baroque ottoman après un incendie qui avait endommagé toute la basilique. Il est la dernière en date des constructions qui se sont succédé depuis le IVe siècle sur les lieux du tombeau du Christ.

Il avait rapidement accusé des signes de faiblesse, s'affaissant sous son propre poids et soumis aux intempéries à travers un oculus alors ouvert sur le ciel dans le dôme.

Des facteurs contemporains ont accéléré la dégradation, au premier rang desquels la fréquentation des visiteurs, dont le souffle augmente l'humidité ambiante et altère les mortiers. Les cierges qui se consument à quelques centimètres de l'édicule provoquent de fortes contraintes thermiques sur le marbre, et d'épais dépôts noirs et huileux.

ATS

Le Vatican, cet incroyable nid d’espions


Avec son goût du secret et ses ramifications, Rome a offert une plate forme idéale pour l’espionnage au courant du XXe siècle. Le Saint-Siège a également développé ses propres réseaux secrets.

Dans «Spectre», sa dernière aventure au cinéma, l’agent 007 tente d’impressionner le public en l’entraînant dans une course-poursuite infernale à travers Rome et la Cité du Vatican. Les fans apprécieront, mais pour le Saint-Siège, ce brave James Bond reste assurément un enfant de chœur! Car des espions, les papes en ont vu passer des plus coriaces. De longue date, et en particulier durant les périodes de conflit, le Vatican n’a cessé de servir de plate forme pour le renseignement international. Etonnant? Pas vraiment, sachant que le petit Etat présente toutes les qualités requises pour l’espionnage: un goût très prononcé - et bien entretenu - pour le secret, une concentration extraordinaire de nationalités et un réseau d’information structuré, couvrant le monde entier.

Vaste réseau ecclésiastique

«Le Vatican dispose d’extraordinaires sources d’information. Il est réputé pour avoir l’un des meilleurs services secrets au monde», assure John Lenczowski, ancien conseiller spécial à la Maison-Blanche, cité dans le documentaire «Les dossiers secrets du Vatican» (dimanche sur RTS 2). Il est vrai que le Saint-Siège peut bénéficier d’informations collectées dans chaque paroisse - sur les notables, les finances, le climat politique ou la situation sociale - grâce à son vaste réseau passant par les évêques et les nonces apostoliques, qui font régulièrement leurs rapports à la Secrétairerie d’Etat à Rome.

Nœud de l’information, le Vatican apparaît alors comme un centre idéal pour les services secrets. Un terrain de jeu déjà exploité à l’époque napoléonienne et qui s’est révélé particulièrement animé pendant la Première Guerre mondiale. Toutes les forces en conflit s’y sont donné rendez-vous. Ainsi, les Britanniques ont pu compter sur un cardinal très actif, Mgr Francis Gasquet, qui a multiplié les contacts au sein de la Curie et arrosé le Foreign Office de lettres bourrées d’informations n’ayant rien de théologique.

Dons aux œuvres pontificales

Le Reich n’était pas en reste, bénéficiant du zèle du leader du parti catholique Zentrum, Matthias Erzberger. Au printemps 1915, ce député effectue d’incessants voyages à Rome. Il rencontre le pape Benoît XV et son secrétaire d’Etat, distribue beaucoup d’argent aux œuvres pontificales, multiplie les efforts pour inciter l’Italie à rester hors du conflit. Mais en profite aussi pour rendre visite au diplomate Franz von Stockhammern, principal agent de propagande allemand à Rome.

Quand l’Italie s’engage au côté des Alliés, les ambassades des puissances centrales se voient forcées de plier bagage. «Elles choisissent Lugano, en Suisse, qui devient un carrefour interlope de diplomates, d’agents d’influence et d’espions divers», raconte le vaticaniste Bernard Lecomte, qui traite des services secrets dans plusieurs de ses ouvrages* sur Rome. Mais le Reich laisse des «taupes» au bord du Tibre. L’une d’elle n’est autre que le chambellan du pape, le prêtre bavarois Rudolf Gerlach. «Il a été l’un des principaux agents allemands à Rome, détenteur de renseignements de première main», souligne le journaliste. Gerlach est finalement démasqué par le contre-espionnage italien, qui surveille intensément le Vatican, craignant des revendications à propos des Etats pontificaux perdus en 1870. L’agent est extradé vers la Suisse puis condamné par contumace à la prison à perpétuité.

L’espionnage ne s’interrompt pas durant l’entre-deux-guerres et la montée des dictatures. Le micro-Etat reste surveillé par les Soviétiques, les Italiens, mais surtout par les nazis. «L’Allemagne considère que l’Eglise catholique et la papauté menacent sa sécurité nationale et réfrène ses ambitions à l’échelle internationale», note le professeur américain David Alvarez**.

Intox des plus farfelues

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Reich mobilise de gros moyens pour surveiller le Saint-Siège. Il obtient des résultats en décryptant des communications mal sécurisées et en recrutant des indicateurs au sein de l’Eglise catholique allemande. Il ne réussit en revanche plus à placer un espion dans la place. L’opposition passe aussi par Rome: le politicien Josef Müller, membre de la résistance catholique contre Hitler, tente d’obtenir une paix honorable avec les Alliés.

De son côté, la représentation américaine à Rome paie jusqu’à 500 dollars par mois l’informateur Virgilio Scattolini - nom de code «Vessel» - pour obtenir des documents secrets du Vatican. Le Bureau des services stratégiques américain (OSS) ne prendra conscience de l’intox de ce falsificateur qu’au début 1945. Scattolini lui a même annoncé que le Vatican allait construire un aéroport dans ses jardins!

* En particulier «Les secrets du Vatican» (2009) et «Les derniers secrets du Vatican» (2012), Ed. Perrin.

** «Papauté et espionnage nazi» (Ed. Beauchesne, 1999) et «Les espions du Vatican - De Napoléon à la Shoah» (Editions Nouveau Monde, 2009).


Qui a commandité l’attentat de Jean-Paul II ?

Le 13 mai 1981, le Turc Mehmet Ali Agça tirait sur Jean-Paul II sur la place Saint-Pierre à Rome. Déjà assassin du rédacteur en chef du quotidien de centre-gauche «Milliyet», en 1979 en Turquie, il avait réussi à s’évader d’une prison de haute sécurité grâce au soutien des Loups gris, une organisation nationaliste armée, néofasciste et anti-Kurdes à laquelle il appartenait.

A l’époque, la sécurité était très aléatoire lors des audiences générales en plein air. La papamobile n’avait pas de vitres pare-balles et les quatre gardes du corps qui accompagnaient à pied le Saint-Père étaient si éloignés qu’ils ne pouvaient se précipiter à temps pour le protéger, raconte le documentaire «Les dossiers secrets du Vatican» à voir dimanche sur RTS 2.

Dans la foule, Ali Agça - qui est accompagné sur la place par un complice, Oral Celik - peut alors sortir son pistolet semi-automatique Browning GP et tirer deux fois. Situé à trois mètres du pape, il l’atteint à l’abdomen et au coude, avant d’être immobilisé par une sœur et l’un des gardes. Le pape s’en sortira in extremis après une opération de cinq heures à l’hôpital Gemelli.

Emprisonné et condamné, Ali Agça affirmera avoir agi sur ordre des services secrets bulgares. Mais selon divers enquêteurs, cette «filière bulgare» n’aurait été qu’une couverture pour une action téléguidée par Moscou, organisée par le KGB et camouflée par la Stasi, la police secrète est-allemande qui aurait été chargée de la désinformation.

Une autre thèse pointe du doigt le réseau dormant italien Gladio rattaché à l’OTAN, dont un complice d’Ali Agça aurait été membre. Une participation de la CIA, voire de la mafia, est parfois aussi évoquée. Les 84 classeurs de l’affaire n’ont pas permis d’y voir clair, pas plus que les archives bulgares.

En pleine guerre froide, et alors que le pape polonais soutenait le syndicat Solidarnosc, la piste soviétique semble la plus logique. Mais les dossiers du KGB, comme ceux de la CIA, restent inaccessibles. Selon le vaticaniste Bernard Lecomte, Jean-Paul II n’a jamais cru à la filière bulgare. L’agresseur n’était-il alors qu’un «fanatique national-islamiste», un «paranoïaque incontrôlable» qui aurait tiré sur le pape en le considérant comme le diable? Le mystère reste entier.

Ali Agça a été libéré en 2010, après avoir passé près de trente ans derrière les barreaux. Le 27 décembre 2014, jour anniversaire de sa rencontre en cellule avec Jean-Paul II, il est allé déposer deux bouquets de roses blanches sur sa tombe. En toute discrétion...

L’intrigante «Sapinière»

Si le Vatican s’est révélé être un nid d’espions aux heures chaudes des conflits internationaux du XXe siècle, il a aussi développé, entre 1909 et 1921, ses propres services de renseignement contre «l’ennemi de l’intérieur». Nommé «La Sapinière», «Sodalitium Pianum» ou «SP» pour les initiés, ce «réseau secret international antimoderniste», comme le qualifiait l’historien et sociologue français Emile Poulat*, a été mis en place par Mgr Umberto Benigni sous la papauté de Pie X. Ce pugnace prélat va utiliser tous les moyens - dénonciation, espionnage, calomnie - pour lutter contre «l’hérésie insidieuse qui attaquait la foi: le modernisme social».

Mgr Benigni avait monté tout un réseau de correspondants en Europe, à Paris, Vienne, Milan ou Fribourg, «capable de faire trembler diplomates, professeurs d’université, théologiens et même quelques archevêques», raconte le vaticaniste Bernard Lecomte. Et d’ajouter: «C’était une organisation bizarre, mi-agence de presse, mi-franc-maçonnerie, qui laissait penser parfois que le chef de La Sapinière était plus influent que le pape lui-même». Plusieurs personnalités en seront victimes, des carrières seront brisées. Mais en 1914, le nouveau pape Benoît XV lui coupe les subsides. L’entreprise de délation prend fin. La Sapinière est dissoute en 1921. PFY

* «Intégrisme et catholicisme intégral», Emile Poulat, Ed. Casterman, 1969.


PASCAL FLEURY